Portraitiste ayant collaboré avec de nombreux magazines, Sylvia Galmot photographie habituellement des acteurs, écrivains et musiciens reconnus. Emmanuelle Seigner, Diane Kruger, Léa Seydoux, Mélanie Thierry, Andrée Putman, Raphaël Enthoven, Alain Chabat ou Lambert Wilson ont ainsi posé pour elle. L'essentiel du travail de Sylvia tient peut-être en deux mots: vérité et émotion. 

Derrière ces visages et ces corps que l'on croyait connaître, elle cherche la profondeur des êtres, leurs forces et leurs failles, leur poésie aussi. Sa façon de procéder est singulière; quand tant de ses confrères ne pensent que technique ou mise en scène, Sylvia Galmot commence toujours par passer un moment avec son modèle, appareil de côté. Elle ne shoote que quand elle sent que le duo modèle-photographe est prêt à partager un moment de complicité qui raconte une histoire. Ce climat de confiance, d'intimité illumine littéralement le résultat final comme si le regard bienveillant que Sylvia Galmot porte à ses modèles était contagieux. 

"IL OU ELLE..." 

    « Paris, Septembre 2011, à la terrasse d'un café, je demande du feu à ma voisine de table. Quelque chose me trouble, que je ne saurais décrire. Nous commençons à parler, et très vite, je perçois, au-delà de sa beauté, une douceur et une présence sans égales. J'ai déjà envie de la photographier. Je lui demande ses coordonnées et la rappelle dès le lendemain. 

Lalla est une personne transgenre.
       Pendant notre séance, je suis touchée et émue par la grâce et la fragilité qui émanent de sa personne. Son mystère me bouleverse, moi qui ne connaissais des trans que leur caricature vulgaire ou déprimante, j'ai devant mon objectif une femme transgenre plus féminine et plus délicate que la plupart de mes semblables.
       Très vite, la nécessité s’impose: je dois faire un travail sur le thème de la RENAISSANCE des personnes trans.
       Ce mystère sensuel, je le transcris avec mon appareil comme si j'effleurais les peaux et pénétrais au plus profond des âmes. Dans un climat de confiance et de complicité, mes modèles, photographiés à la seule lumière du jour, s'offrent dans la plus grande intimité. En plus de m’ouvrir leurs portes, ces personnes m’ont ouvert leur cœur : lorsqu'on se sent femme dans le corps d'un homme ou homme dans le corps d'une femme, la discordance entre la chair et l'esprit peut mener jusqu'au suicide. Une "renaissance" s'impose alors, et c’est cela que j’ai voulu magnifier par mon travail. 

      Je dédie cette exposition à tous ceux qui -comme moi auparavant- ne comprennent pas la nécessité vitale pour un homme ou une femme de se réinventer dans le genre que la nature ne leur a pas donné. Si mon travail ne faisait changer le regard que d’une seule personne sur celles et ceux qui ont osé renaître à eux-mêmes, j’en serais déjà heureuse et fière ».